Horror Stories

Prion pour vous, pauvres élèves

auteur : Driller_killer

publiée le 2022-04-16 10:22:13

HUMOUR, HOMMAGE, ASPERGE


Prion pour vous, pauvres élèves…*

Dans un collège du Sud de la France, un lundi ensoleillé, comme d’habitude pour eux, les sales strudels...

Cours d’anglais. 8 heures.

Valérie, professeur aimant son métier et légèrement fiévreuse, s’empêchait de gueuler sur ses élèves. Ils confondaient toujours beatch et bitch et ça en devenait agaçant. Respirant doucement, calculant dans sa tête de un à cinq pour réguler son souffle, elle oublia presque un instant qu’elle était en cours. La détente prit place.
Les élèves chuchotaient, la regardant d’un drôle d’air.
— Vous vous sentez bien madame ? demanda l’un deux.
Valérie rouvrit ses yeux et le fixa.
— What ?
— J’disais, vous vous sentez bien ?
— Yes ! It isn’t !
Le jeune retourna à ses occupations sans sourciller, c’est à dire lire un manga en feuj sous la table.

Cours d’anglais. 10 heures.

Valérie distribua feuilles de contrôles et claques sur les têtes, griffant parfois les crânes minuscules de ses sixièmes. Les élèves n’osaient rien dire. Ils l’avaient cherché après tout. Se moquer de leur professeur qui titubait était d’une bêtise puérile. L’une des filles, empathique, prit la parole.
— Madame, are you okay ?
Valérie se calma, relâcha les cheveux d’un garçon qu’elle avait en main.
— What ?
— Vous allez bien ?
— Mais Yes bordel ! I’m very fine, no soucy okay !
— Vous parlez drôle wesh.
— No, no thank you !

Cantine scolaire. 12 heures.

Valérie titubait toujours, encore plus même. Elle tenait maladroitement son plateau repas contenant de la viande de bœuf et quelques rares asperges de la ferme de Saukattes. Elle parlait seule, souriante malgré tout. C’était une super journée. Euphorique tout à coup, elle se mit à danser le jerk.
Le directeur, pour une fois présent, s’avança vers elle, l’air inquiet et chuchota :
— Valérie, j’aimerai vous voir dans mon bureau tout à l’heure. On m’a rapporté des choses délicates… de violence envers les élèves...
La femme posa son plateau, agacée.
— Quoi ? Y a quoi ? hurla-t-elle, se faisant retourner tout le monde sur eux.
— Doucement Valérie !
— Tu veux mes asperges, c’est ça ? demanda-t-elle en lui lançant un de ses légumes.
Le directeur passa sa main sur son visage, observa attentivement sa collègue. Il nota des yeux hagards, un front moite…
— Vous êtes souffrante, allez à l’infirmerie et rentrez chez vous, nous discuterons plus tard.
— Okay, pas de soucy ! Here we goooo !

Cours d’anglais. 14 heures

— Madame ! Vous êtes absente normalement !
— Et bien je ne le suis plus !
Les élèves, inquiets devant leur professeur qui marchait en zigzaguant et en se tenant aux tables, y laissant l'empreinte de ses mains, n’osaient broncher. Ils sortirent cahiers et livres. Valérie errait dans la salle, sans rien dire, sans rien regarder. Elle allait et c’était tout. Son front dégoulinait de sueur qui coula sur la tête de ses élèves quand elle basculait en tentant de rester droite.
L’heure passa ainsi.

Cours d’anglais. 15 heures.

Valérie n’était pas sortie de la classe, elle n'accueillit pas les élèves arrivant. Mâchant les asperges chourrées à la cantine, elle parlait seule.
— J’avais pourtant précisé, my god, que je voulais de la crème… Cream, please. Listen ! Une vache, here ! Cow, repeat after me, cow !
Les élèves hésitaient entre rire, prendre peur, sortir chercher quelqu’un…
L’heure passa ainsi.

Salle d’étude. 17 heures.

Les rares élèves présents se retournèrent quand Valérie entra en courant. La bave aux lèvres. Elle renversa tables, chaises et tomba devant le bureau du surveillant. Celui-ci se dirigea vers elle en sortant son téléphone. Il appela les secours. Pendant ce temps, Valérie se releva et se fit un devoir de mordre chaque chose qui tombait sous sa bouche. Six élèves furent blessés, le sang coulant de leurs oreilles, de leurs joues… tandis que Valérie se régalait. Elle sortit en trombe de la salle, se rendit dans le bureau du proviseur et s’en fit un bon steak tartare. Il ne survécut pas.

Hôpital, 19 heures 30

— Madame… Madame !
Valérie n’entendait rien. Contentionnée, elle était entre deux mondes. Rêvant de son Angleterre adorée, de ses steaks, de ses cours d’anglais…
— Y a plus rien à faire… faut faire des analyses sanguines…

Hôpital, 20 heures.

— Madame ! Madame !
Hélas, Valérie n’était plus. Les analyses démontrèrent qu’elle avait des prions et que la maladie de la super vache folle l’avait emportée.
Tous ses élèves était désormais à risque. Une épidémie allait bientôt voir le jour. Le cerveau spongieux de Valérie fut emporté et mis en sécurité, dans un congélateur qui tomberait probablement en panne un jour…

Thank you teatcher. Franchement, thank you… Tout ça pour un steak.
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(le prion est une protéine reliée à la maladie de la vache folle, pour en savoir plus : La saga du prion)