Horror Stories

SP - Bataille pour la suprématie


Cette chronique vous est chuchotée par Driller_Killer. Inspirée de la notation de Mélanie Desforges.

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[Bataille pour la suprématie - tome 1 : l'appel du devoir -- de Curtis Y.C]


Genre : fantastique

Pages : 300 pages

Editions : Persée


Résumé : Il y a trois cents ans, Peter Pevery marqua l’histoire en fondant l’État de Speroland. Considéré comme un héros, il détient le plus grand pouvoir et les plus grandes richesses du Monde. Quelque temps après ses actes légendaires, il mourut. Dès lors, de dangereux groupes se répandirent afin de récupérer la puissance que détenait Peter. Il s’agissait des “challengers”. Officiellement reconnus, ils ont atteint leur apogée le siècle dernier. Aujourd’hui, Speroland connaît une période d’insécurité où la loi du plus fort règne : c’est la bataille pour la suprématie.

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Ma note : 08/20


Merci à l'auteur pour sa confiance et l'envoi de son livre.

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C'est la deuxième fois que ça m'arrive dernièrement, de mettre une note négative... et je suis vraiment navrée pour l'auteur.

Je sais qu'écrire un livre demande du temps, du taf et énormément d'énergie et de coeur. Cet avis n'est pas là pour démolir l'auteur, mais bien pour expliquer mon ressenti en tant que lectrice. J'aurais une petite note à la fin pour lui, et pour la maison par laquelle il est passé.


Commençons par le commencement.


Déjà, quand on m'a proposé ce sp, j'ai juste été attirée par le genre "fantastique" promis. Ensuite, la couverture m'a amusée, parce qu'on dirait Sheldon Cooper et GTA mélangés, c'est original.

Le résumé lui m'a intriguée : des factions se disputant une ville ? C'est parti mon kiki donc.


Et donc ? Pourquoi tout ce négativisme ?


Déjà, je peux dire que l'idée de base était bonne. Une ville sous la coupe de plusieurs "clans" se la disputant oké. Le souci, c'est que... on ne sait pas pourquoi au final. On sait que Pevery l'a érigée, en a fait ce pourquoi elle est renommée. Mais c'est tout. Le point mis en avant ici c'est vraiment l'action, les flingues, les services de police (SAF) et toutes sortes de gens venus de droite et gauche pour surrenchérir.


Bon, donc, on a Chris Raider qui arrive à Speroland et qui se retrouve embarqué dans un braquage, puis ensuite dans un camion à pizza, puis ensuite dans le Pôle Blanc et enfin dans la jungle, en 40 pages. J'ai trouvé tout ça tellement rapide. Dans tout ça, il va rencontrer des gens de la SAF, la Super Agence Fédérale, perdre des gens de l'intérieur, subir quelques déconvenues, mais Chris il va toujours farfouiller là où il ne doit pas. (c'est dit dans chaque page : c'est un curieux.)


D'ailleurs c'est par curiosité qu'il entre dans la banque. Durant le braquage, les femmes "otages" étaient plus obnubilées par le regard de leur conjoint sur une des braqueuses (qui avait les seins presque à l'air) qu'apeurées.


Après le braquage, il se retrouve malgré lui sur un bateau, et sans raison, (quoique si, par curiosité, pour comprendre qui sont les agents qui bossent autour de lui) va assomer un super agent et prendre sa place pour s'infiltrer dans une mission avec d'autres membres de la SAF. Navrée pour l'auteur mais ça n'a pas de sens, ce n'est pas crédible du tout. Les agents sont censés être super-entraînés, mais ils se laissent tous avoir par un gamin de 16 ans. Pas cohérent donc, malgré la bonne volonté de l'auteur de montrer Chris sous un jour "héroique".


Pendant la mission, il va être le seul survivant et va se voir avaler une substance qui fera de lui un "super-homme" en gros. Sur une équipe, le gamin de 16 ans est donc le seul survivant, sans qu'on sache vraiment pourquoi. Pitié à priori de la personne qui était face à lui. Pitié pourquoi ? Alors qu'elle tue tous ses opposants ? Encore une fois, point de cohérence.


Plus tard, sur un simple coup de colère, Chris va vouloir rejoindre les "challengers", ceux qui veulent prendre le contrôle de la ville. Et c'est là que ça commence officiellement donc.


Je ne dirais pas le reste, évidemment, d'ailleurs, à mon sens, c'est même trop chargé. On doit enregistrer mille action, mille personnages, des matricules divers... J'ai été perdue plus d'une fois. Et je n'ai jamais trouvé le "fantastique" promis hélas.


Le manque de cohérence est là tout au long du livre. Ou plutôt, le manque de réalisme. C'est très dommage. Je suis quelqu'un qui lit beaucoup de fantastique, d'horreur, de tout, donc je peux aisément m'immerger dans les mondes proposés par les auteurs, ici je n'ai pas réussi du tout.


Les dialogues sont tout autant stériles. Pour le peu qu'il y en ait, soit ce sont des phrases basiques, soit des ensembles de noms, de matricules, ou alors de précisions de l'action qui se passe donc qu'on a pas besoin de rappeler. Ici aussi, ça manquait de réalisme.

Un passage m'a particulièrement agacée même (encore désolée) c'est une petite fille, (enfermée avec d'autres personnes en tant qu'esclaves). Cette petite fille, on voit que l'auteur a voulu la rendre attachante, mais ses phrases étaient lourdes.

"monsieur le héros" ; "monsieur l'assistant du héros" ; etc. Ce ne sont clairement pas des phrases d'enfant, encore moins dans une situation où tout risque d'exploser à un moment ou à un autre.


L'auteur a mis un point d'honneur a essayer de donner vie à ses personnages, je ne peux pas lui retirer ça. On a droit à des flash-backs réguliers sur certains protagonistes. (parfois longs, mais bienvenus pour essayer de rendre vivants les persos). Je salue donc ce point.


Donc, dans beaucoup de chapitres, j'ai eu du mal à comprendre qui était quoi, d'autant que parfois des groupes entiers arrivaient dans l'action...

Les scènes d'action, nombreuses, mériteraient elles aussi d'être mieux travaillées. On est sur des descriptions scolaires, trop dans le listing ou le rapport que dans la narration. L'imagination a eu beaucoup de mal chez moi à se faire.


Les émotions sont inexistantes, par manque de vocabulaire adapté, ou par écriture trop "scolaire" donc peu "intégrable" par le cerveau du lecteur en immergence.


J'arrête ici.


Et donc ?


Je suis encore désolée pour l'auteur, mais ce n'est pas un livre que je recommande hélas. Du moins pas au public "fantastique" visé. Je m'attendais à une histoire avec des enjeux politiques, de vraies factions "divergentes" avec chacune un but et une envie...

Peut-être que les fans d'action y trouveraient leur compte... ?


Maintenant, ma note à l'auteur (et indirectement la maison avec laquelle il a signé)


Mec, ton livre mérite encore beaucoup de travail. Vraiment beaucoup, mais tu ne dois pas baisser les bras pour un avis unique de lectrice. Entre nous, non, je n'ai pas aimé, peut-être que d'autres aimeront, je te le souhaite. Peut-être qu'avec du retravail sur les sentiments, les actions, les persos, tout quoi, ça sera beaucoup mieux. La plume se travaille encore et encore, on passe tous par là hélas. Et c'est là que je parle pour ta maison d'édition, même si l'éthique ne me le permets pas normalement. Tu es tombé sur une maison à compte d'auteur, avec laquelle tu as pris un risque en signant : verser de l'argent alors qu'en plus, elle n'a pas fait son taf.

Une maison classique t'aurait fait retravailler beaucoup de points que j'ai cités. Elle aurait aussi fait son taf de correction mieux que ça, parce que des coquilles, j'en ai vues la blinde hélas.


Tu es le deuxième auteur que je lis qui est édité en maison à compte d'auteur, et tu es le deuxième dont le livre n'a pas été plus travaillé que le premier jet. (à mon sens) et ça n'aurait pas dû arriver.


Entre l'acceptation d'un manuscrit, (entre 6 mois et 1 an pour une maison classique et bien installée, un peu plus tôt pour les nouvelles), puis la signature du contrat et enfin la publication, il se passe plusieurs choses. La relecture, la correction, le retravail du livre entier (changer des choses, des paragraphes, ajouter d'autres choses... un vrai travail de fond pour proposer à l'auteur et son public un livre de qualité) et tout ça prend trèèèès longtemps.

Ici, clairement, l'impression que j'ai et que ton manuscrit a juste été corrigé vite fait puis publié. Cela n'aurait pas dû arriver.


Voilà. Te démonte pas pour mon avis, j'ai été aussi honnête que possible.

Je te remercie encore.


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Où trouver ça ?


Le livre ici : Bataille pour la suprématie sur la Fnac


L'auteur ici : Curtis sur instagram


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C'était Adeline Rogeaux.


Enjoy, peace and love.