SP - Nouvelles funambulesques
Cette chronique vous est claquée dans la tête par Driller_Killer, votre humble serviteur de la littérature horrifique. (mais pas toujours)
Je n'ai pas utilisé le barème habituel, étant donné que cette chronique passe au peigne fin un recueil de nouvelles, et pas un roman.
______________________________________________
[Nouvelles funambulesques - de Isaac de Mont]
Genre : dystopie / horreur / nouvelles
Pages : 129
Edition : auto-édition
Résumé : Ce recueil de nouvelles comporte neuf histoires, alternant science-fiction (dystopie, steampunk), dark fantasy, thriller fantastique…Explorer de nouveaux horizons, rencontrer des personnages extravagants, contempler un avenir étrange, elles s’inscrivent dans une volonté, vous donner l’impression de voyager au bout d’un fil, tel un funambule.
_______________________________________________
Ma note : 18 /20
Merci à l'auteur pour sa confiance renouvelée.
_______________________________________________
C'est darty mon kiki pour voir un peu ce que ça donne tout ça !
Coup d'oeil sur la couverture !
Toujours aussi "humble" et jolie que le précédent recueil (cf : nouvelles fantasmagoriques), sur ton vert qui rappelle la magie, le mystère, et cette fois, une étoile à neuf branches posée sur un drapé, pour les neuf nouvelles proposées.
Le résumé n'en est toujours pas un, mais on comprend quand même que nous allons nager entre plusieurs thèmes !
Alors donc ? De quoi ça parle tout ça ?
Alors, alors. Cette fois, j'ai été emballée à fond par le recueil ! Enfin, sauf pour une nouvelle, mais le reste ! Happée de fou mec !
On a vraiment ce que nous promet le "résumé".
Je commence par la deuxième nouvelle (cherche pas, tout va bien).
"Expiation" qui se passe dans une époque "moyen-âgeuse" à Morneplaine, avec une histoire de filles "consignées" à cause de meurtres sordides. Gründ s'entraine au combat pour faire face à la situation avec un chevalier fait. Jusque là, tout va bien tkt. Puis tout part en steak à cause de la créature responsable et j'dis plus rien.
Le twist m'a beaucoup plu, et une chose m'a beaucoup fait penser au "Seigneur des anneaux" lors de la bataille des champs du Pelennor, manquait plus de Mériadoc et on n'y était. (tous les soldats en moins of course) et cette référence (volontaire ou non ?) m'a vraiment hypée de fou !
On est clairement ici dans un registre fantastique qui respecte les codes, l'imaginaire aussi avec la créature complexe, et la longueur du texte était acceptable. (en même temps, j'suis fan de nouvelles donc pas dur de m'plaire à ce niveau)
Après ça, nous avons "Le deuil impossible d'Angelina Mangerotta" qui m'a dégoûtée au plus haut point, un texte pourtant "soft" dans le domaine, mais les descriptions claires et rapides font jouer l'imaginaire, on le sait tous. Et ceux qui me connaissent le savent, mon imaginaire est débordant, et au final, cette histoire m'a parue bien sanglante..
L'histoire parle d'un "croque-mort" (pour faire simple) qui se rend chez une veuve pour préparer ses funérailles si elle venait à clamser sous peu. La suite surprend !
Ici, l'auteur a su garder du suspens tout du long, avec une histoire propre aux personnages, en si peu de pages pourtant, et c'est un exercice peu facile, réussi avec brio !
"Saturnalia" est sans conteste l'une de mes préférées !
Pour parler écologie (un thème récurrent chez l'auteur, avec la manipulation génétique), m'sieur De Mont a choisi de bousiller la planète et de faire vivre de démoniaques capricornes qui régissent la vie des gens. Les autres animaux sont précieux, et le personnage de l'histoire qui raconte tout ça est pourchassé parce qu'il ne veut pas vivre en ville avec les autres, (suspecté aussi de chasser), préférant sa cabane et son coyotte. Vous vous en doutez, ça part en cacahuète au bout d'un moment ! Et cette ode à la planète verte, au respect animalier, a trouvé un impact en moi. Même les capricornes m'ont beaucoup plu, l'idée de les utiliser et d'avoir un rituel spécifique pour s'en débarasser est intéressante !
Une autre nouvelle qui m'a donné des émotions, ce qui est rare pour moi : "Avènement".
La protagoniste, prisonnière chez le vicomte d'Aurevilly, cherche à fuir, aidée de son médecin particulier. Elle est enceinte, ce qui complique pas mal les choses quand même. Entourée de "personnel" invasif et suspicieux, elle n'est jamais tranquille. Y a vraiment une forme d'angoisse de ressentir la pression, la surveillance, c'est hyper malsain.
Sans entrer dans les détails, la fuite de celle-ci m'a tenu en haleine et j'en ai eu des palpitations. (j'ai peut-être abusé du café avant, j'avoue) et c'était vraiment rédigé comme il fallait, dosé parfaitement. Le twist final m'a encore une fois surprise, je m'y attendais clairement pas une nouvelle fois !
Ici les thèmes sont la noirceur, les démons, la captivité et l'Enfantement. (Vous découvrirez de quoi il en retourne, lisez le livre !)
"Le cabinet Lulu", une nouvelle malaisante comme il se doit, qui entre dans un de mes thème de prédilection : le cirque, et les clowns. (je les ai en horreur !). Le maire du village Eggies, Léonard, perd des points de popularité à cause de forains qui squattent (avec son aval hélas, le fric tout ça, v'voyez). Il se lève un beau matin, reçoit une salade niçoise dans la tronche et un courrier venant du cirque de Lulu.
Sur place, il fera une découverte assez cheloue, et la troupe qui le reçoit ne l'est pas moins.
Inpiration Freakshow, clairement, mais pas du copiage, loin de là ! On retrouve les codes autour : les indices clairsemés, l'ambiance générale, les pièces secrètes, et encore une fois : la manipulation du corps (j'vous l'avais dit, récurrent, mais jamais identique, heureusement !)
J'ai donc apprécié, mais suis restée un peu sur ma faim par le final.
Alors celle-ci, j'ai essayé de décortiquer le titre, sans succès, si vous y arrivez, j'vous donne rien, mais vous aurez accompli un chouette truc ! Tout ce que j'ai trouvé, c'est d'une traduction polonaise, jusque l'anglais : balbuzard, ce qui m'a semblé un peu tiré par les plumes ! (mais pourquoi pas ! j'ai pas une culture hyper développée non plus hein !)
"Opsejia" donc, une nouvelle basée sur la manipulation de la conscience. Une journaliste va interviewer une dame célèbre qui a réussi des prouesses : tranférer des "âmes" en quelques sortes, sur d'autres réceptacles. La dame à une fille. Et j'en dis pas plus encore une fois.
J'ai apprécié cette histoire à cause du travail autour de la conscience (bien que peu exploité au final dans la nouvelle) mais les éléments sont posés. Agréable à lire, et un twist encore une fois inattendu.
"Les remplaçables" : encore sur la manipulation, génétique cette fois. Des clones, des attractions liées à eux. Une fuite. Une chimère peu agréable. Tous les ingrédients sont liés pour un ryhtme d'abord tranquille, puis tout à coup, haletant. Triste aussi.
On est en droit ici, avec cette histoire, de se poser des questions sur la légitimité des clones, leur conscience, le regard et les droits inhérents à la légalisation et à l'utilisation des "gènes"de la société. Sont-ils des objets ? Des humains à part entière ? C'est assez déroutant au final. Très belle histoire dans tous les cas.
"Et après"... Une autre de mes nouvelles préférées ! Encore sur le thème de l'écologie ici. Clémence, employée dans un genre d'usine de recyclage, s'occupe des "gargantuesques", des créatures qui se nourrissent de plastique et autres déchets qui condamnaient la Terre depuis des siècles (ça se passe dans un futur plus ou moins proche).
Seulement, ben du plastique, y en a plus ! Alors, que faire des créatures ? D'où viennent-elles d'ailleurs ?
La nouvelle présente donc tous les aspects des impacts de l'industrialisation.
Alors dedans, l'auteur a réussi un truc : me faire demander, rien que par égard pour ces choses irréelles, si recycler était une bonne chose ! Non mais imaginez : bien sûr que c'est une bonne chose, mais la façon dont il a décrit les gargantuesques, leurs états d'âme, c'est clairement voulu pour que nous éprouvions de la compassion, c'est pas possible autrement ! Et pour ma part, ce fut réussi ! J'en étais à deux doigts de remettre mes déchets dans la poubelle ménagère (non j'déconne hein.)
Et enfin, la première nouvelle que je n'ai pas aimé du tout. "Un typhon à Babylone"
Je suis pas du tout steampunk de base normalement, alors en plus, dans une nouvelle où l'immersion doit se faire rapidement, ben ça a pas marché. L'univers et le perso ont beau être décrits comme il faut, ça n'a pas pris du tout. J'ai trouvé qu'il manquait d'éléments pour bien comprendre qui était le Typhon, pourquoi il faisait ce qu'il fait. Bref, c'est vraiment la seule nouvelle qui n'a pas trouvé grâce à mes yeux.
Donc, que dire. L'auteur a ici évolué, de son imaginaire métaphorique du premier recueil dont il est coupable, on a ici du concret, du malaisant pur, des actes clairs. Une maîtrise certaine des codes de l'horrifique et du suspens, et une plume toujours aussi travaillée. Une imagination débordante que je ne peux qu'apprécier. Neuf nouvelles donc, pour neuf thématiques bien distinctes, c'est réussi !
Alors alors ?
Je recommande à fond ! C'est un autre de mes coups de coeur de l'année, c'est indéniable !
Pour les amateurs de nouvelles, ou les personnes qui se tâteraient, on a ici des nouvelles complètes et passionantes !
________________________________________
Les p'tits liens qui font plaisir :
Où trouver le recueil ?
Ici : sur amazon
Où trouver l'auteur chelou ?
Ici : sur Twitter
_______________________________________
C'était Adeline Rogeaux, pour vous servir !
Enjoy, peace and love !