Horror Stories

Lecture - Vampire(s)


[Vampire(s) - Simon Perdrix / dernier de la Trilogie du Petit Livre Noir]


Genre : fantastique / horreur


Ma p'tite note : 5/5


Et voici pourquoi. Range ton pieu coco, ça mord grave !


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WOH WOH WOH - T'emballes pas trop vite


Il va s'calmer un peu l'bonhomme là !

Punaise, on entre dans la danse endiablée d'une façon hyper violente ! Du punch comme jamais, du noir, du gore, du sanglant, de la colère à l'état brut, de l'explosif ! Tu regardes le livre, tu vois rouge, t'as du sang dans les yeux. T'ouvres le livre, tu t'prends des putains d'patates en pleine gueule, et ça mon vieux, c'est CHAPEAU ! T'es aussi en rage que Paul Ayer, cet ex-flic qui se trouve une nouvelle fois confronté à une quête, ouais quête, pas enquête. C'est bien au dela de ça. Bien au dela des questions de routine, des tasses de thé autour d'une confession.

Paul a perdu sa nièce, envolée Nancy, pfiout ! Et Paul est sommé par Clémence et lui-même d'aller la retrouver. Peu importe les magouilles (bordel et quelles magouilles) dans lesquelles il trempe au moment même où elle s'évapore, peu importe qu'encore une fois, tout risque de partir en cacahuète, Nancy doit être retrouvée. Et quelle meilleure façon de le faire que d'aller là où elle est ? Logique hein ? Facile hein ?


Detrompe toi frère, c'est un foutu merdier sans nom.


Un merdier ouais. Vous voyez Barrel's County ?

Vous n'avez rien vu.

Vous voyez les bougies, les p'tits voyages dans l'temps ?

Vous n'avez rien vu.

Et dieu sait que c'étaient déjà des histoires dingues !


A peine la quête commencée que tout lui tombe sur la gueule à Paul.

Cogne. Cogne et cogne encore. Que ça soit lui, ou les autres, ya toujours quelqu'un, quelque chose qui est là, tapi dans l'ombre, ou au grand jour, pour le dérouter brutalement. Le faire douter ? Jamais. Paul est fidèle à lui-même, si ce n'est plus encore. Comme si les ténèbres qui l'entouraient et le malmenaient étaient aussi en lui, dans son sang, le vampirisant et lui faisant sortir ce qu'il y a de plus noir tout en le grignotant petit à petit, lui enlevant son essence vitale, son âme. Possédé. Voilà le mot. Possédé par les ténèbres. Ténèbres infinies. Et c'est pas joli joli à voir tout ça. Pas du tout.


Devant des situations inédites, des créatures sorties des enfers, des dimensions qui explosent de toutes parts, Paul va se démener. Subir. Encore et encore. Jusqu'à l'aboutissement final.


Jamais seul.


Sur sa route, la badass Enid. Sortie de nulle part, un caractère presque aussi flinguant que Paul lui-même, une bombe. Qui est-elle ? Que vient-elle foutre ici ? (t'as qu'à lire mdr) mais je retiens que ce personnage a su donner toute sa profondeur à Paul. L'un sans l'autre, ce dernier ouvrage n'aurait pas eu la saveur jouissive que je lui ai trouvé. Paul et Enid sont tout simplement planants, tripants, bandants même ! Bordel, faut dire s'qu'y est hein !


(voir l'article de Simon ici : Comment j'ai accouché d'une trilogie pour comprendre certaines choses sur le Joker et la Harley de ce bouquin - en passant : géniaux les clins d'oeil - et surtout ceci : auchayasa -mdr)


Et pourtant... Et pourtant... Cela suffit-il ? L'aide qu'elle lui apporte suffit-elle ? encore une fois, t'as qu'à lire !


On a la joie aussi de retrouver un autre personnage, du premier livre de la trilogie, dont je tairais le nom pour ceux qui ne l'ont pas lu et qui regardent les avis des suivants... (chacun sa came). J'ai tellement, mais tellement accroché avec ce personnage si... ordinaire ? Quoique, faut-il être ordinaire pour s'acoquiner d'un Paul Ayer ? Le supporter au quotidien, lui et ses emmerdes ? Mdr, bien sûr que non, faut être, finalement, un sacré p'tit bout d'femme bordel !


Et on a l'amertume de revoir d'autres persos. Venus d'avant, venus d'ailleurs... Et bon sang de bonsoir, qu'est-ce que c'est bien foutu ! Tout concorde, tout le puzzle s'assemble au fil des pages, on retient son souffle, on constate, on se dit "ha mais ouais !!!" Une pronfondeur magistrale. Franchement, il a pas démérité son nom de Maître des Ténèbres, le sieur Perdrix ! C'est indéniable, c'est un maestro du genre.


"Il y a quelque chose de pourri dans l'air"


Et ouais. Bruges, jolie p'tite ville de Belgique, hyper bien décrite au passage (encore une preuve du professionalisme de l'auteur) n'est pas que la ville du chocolat. Elle abrite des friandises bien plus appétissantes pour des prédateurs non moins badants. Mystère, aura noire, mystique, quelque chose plane. Quelque chose cloche. Et ce quelque chose veut la peau de Paul Ayer. Et pas que.


De dimension en dimension, réelles, pas réelles, on nage dans la merde, on vole dans des cieux embrasés, on se faufile dans des catacombes et entre les morts, dans des mondes insondés, insondables...


Il y a quelque chose de magistral dans ce livre.


Un rythme d'enfer dosé cette fois par la prise de parole de presque tous les protagonistes, antagonistes et tout ce qui fini en -iste. Un pari audacieux, qui me fait d'ordinaire grincer des dents, le point de vue de différents personnages dans une oeuvre me rebute toujours. Mais ici, vu comme l'action découle brillament, vu comme la profondeur des actes, paroles, pensées, sont savamment maitrisés, je n'y ai pris que ma part de plaisir. Même contente d'avoir le point de vue des "méchants".


Non chapitré, c'était un bon moyen aussi de lire. "j'finis avec Paul, j'prends Enid après mon café", (pense ce que tu veux..) ça change de marquer la page et la ligne. Donc, monsieur l'artiste : pari réussi !


Une plume toujours aussi aiguisée, aussi brute et belle à la fois, des descriptions toujours aussi travaillées... Et une plume qui gère les scènes olé olé de façon toujours aussi... authentiques.


Il n'y a pas que ça de magistral. On relie vraiment les deux autres tomes à celui-là, c'est vraiment la clé, l'oeuvre qui va coller ensemble chaque pièce, chaque petit dénouement qu'on n'aura pas eu dans les précédents. Extrêmement poussées, les limites entre ces trois "mondes" sont franchies. On entre, on voit, on sait.


Bien que l'on puisse le lire sans avoir lu les autres, à mon sens, il vaut mieux passer par "Chimère(s)" et "Une brève histoire du sang", avant de plonger dans ce dénouement qui relie tout.


Ce qui est écrit a été. Ce qui a été écrit sera.


Et ce qui a été écrit est un putain d'chef-d'oeuvre qui claque sa mère par terre et qui conclut diablement bien la trilogie. Voilà.


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Toutes les injures seront bien évidemment retirées pour Amazon. (amen)

Désolée pour vos p'tits yeux. Chouloulou.

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Vous aussi, procurez-vous ce tome ici : Vampire(s)


Retrouvez l'auteur ici : Twitter du Maître des ténèbres


Et allez donc voir son blog ici : Blog de Nuit