Horror Stories

Fatale

auteur : Driller_killer

publiée le 2021-02-12 11:44:39


J'ai eu plusieurs aventures dans ma vie, et sans me vanter, moi, je suis un bon coup en plus d'être belle. Vous le sentez venir le sentiment de colère qui vous envahit quand je dis ça ? C'est bien ce que je dis, je suis parfaite, et vous, vous me jalousez. Vous tous, vous toutes, quand vous m’voyez, vous bavez. Vous êtes en train de me détester, de me souhaiter de crever la bouche ouverte hein ? Parfait. Regardez donc. Je suis grande, bien fournie, plantureuse. Entendez par là que mes courbes sont généreuses, sans pour autant être grasses. Je n'ai pas de cellulite, pas de boutons, pas de vergetures. Comment ça va, là, mentalement ? Respirez…
Vous me faites rire avec vos rituels. Maquillage, liposuccion, opération, crème anti-rides... Sérieusement, vous pensez attirer qui avec vos artifices ? Alors qu'il vous suffit d'être... Moi ? Méprisables, vous êtes méprisables.

Ce soir c'est la Saint-Valentin. Et j'ai rencard, comme tous les soirs. J'aurais pu être casée sur du long terme depuis longtemps, mais il faut bien que quelqu'un se dévoue pour satisfaire vos hommes. Les pauvres... Rassurez-vous, je m'occupe bien d'eux. Quand ils repartent de chez moi, ils ont un sourire au lèvres et l'entrejambe heureuse.

Neuf heures, il ne va pas tarder mon galant du jour, j'espère qu'au moins il va m'apporter mes fleurs et mon parfum. J'ai mis dans l’annonce mon flacon préféré, et il faudrait être un gros abruti fini pour ne pas avoir compris le message. Ha ! ça sonne. Le voilà le coquin, je vous laisse mesdames, j'ai du travail, et sûrement l'un de vos hommes à la maison, bisous.

Pas déçue de l’attente. Il est beau mon valentin, grand, brun, yeux ténébreux. Viril et mignon à la fois, le combo idéal. Il s'appelle Harry. Je ne sais pas à qui il est mais ce soir il est avec moi, et c'est tout ce qui importe. Il m'a apporté mes fleurs mais pas le parfum... Bon, je vais passer au dessus de ça, je ne suis pas matérielle. J'allume les bougies qui décorent la table basse, je verse du champagne dans des coupes roses aux bords sucrés. Harry me remercie d'un petit sourire à fossettes adorable, et je m'assieds à côté de lui. Il boit sa coupe d'une traite, ce qui ne me plaît pas. J'aime quand on fait prolonger le plaisir, quand on discute, quand on se cherche par des regards, des gestes, des allusions bien dosées. Il va trop vite. On voit que ce lourdingue vit avec une femme misérable… Comme vous.

Il se retrouve déjà nu, sur le canapé. Moi je n'ai bu qu'une gorgée de mon champagne à cent dollars. Je n'aime pas trop le déroulé de ma soirée. Il s'approche de moi et m'empoigne le bras qui tient la coupe. Le champagne se renverse sur mon superbe tapis angora et je ne vois que ça. Cette tache sur mon tapis. Elle s'étend, prend son aise tandis que Harry m'allonge de force sur le fauteuil. Je veux me débattre mais il ne l'entend pas de cette oreille et me donne un coup de poing sur le nez. J'ai entendu un gros craquement avant de m'évanouir.

Quand je me réveille c'est le matin, et je n'arrive pas à ouvrir les yeux totalement. J'ai mal partout. J'essaye de m'asseoir, mais mes bras de dérobent quand je veux prendre appui dessus. Je hurle de douleur. Je hurle tant et tant que quelqu'un tape à la porte et entre sans que je l'invite. L'homme qui entre a un cri de stupeur en me voyant, et ça me fait peur. Je dois être affreuse pour qu'il se signe comme ça. Il me dit qu'il va appeler les secours et il s'en va. Pourquoi me laisse-t-il seule ? J'ai peur, j'ai mal. J'arrive à entrevoir mes jambes... Et je m'évanouis à nouveau.

Quand je me réveille encore, je me rappelle de ce que j'avais vu avant de sombrer : mes jambes. Mes magnifiques jambes... A la place de ces deux monuments de beauté, deux morceaux informes de chair qui terminent au niveau des genoux. Et je comprends surtout pourquoi je n'arrivais pas à me relever, je n'ai plus de mains. J'ai un mal de ventre affreux... La pièce sent le métal, l'urine... La mort. Les secours arrivent au moment où je vomis sur moi. Et même eux sont choqués.

L'équipe médicale de l'hôpital de Beeverland a mis plusieurs jours à me montrer mon visage avant de remettre les pansements. Je suis défigurée à vie, la chair de mes joues et de mes lèvres a été découpée, puis le reste de mon visage lacéré. Je ne suis plus qu'un tas de chair sanguinolente, qui plus jamais ne marcherait. Je n’ai aucun souvenir de ma soirée… Je pense que je paie un peu fort ma perfection. Je sais que je n'inspire même pas la pitié chez vous, de toute façon j'en ai rien à foutre. J'en veux pas de votre pitié... J'ai juste à vous dire de vous méfier de Harry. Il n’aime pas les femmes parfaites… Je sais donc que les victimes ne seront pas nombreuses...

Bisous.