Horror Stories

N'importe quoi

auteur : Driller_killer

publiée le 2020-12-17 11:23:18

HUMOUR, ABSURDE, CANNIBALISME, NOEL


— Silence ! Sinon je fais évacuer la salle !

Les témoins, le jury, les accusés et le greffier se turent tout à coup, stupéfaits. Cependant, il faut comprendre l'excitation qui régnait ce jour-là dans cette salle de tribunal : après des mois de procédures diverses et variées, on jugeait enfin les deux nains Portekoi. Ces mignons, vert pour l'un et rouge pour l'autre, étaient à la barre sous le chef d’inculpation de meurtre au premier degré puis de cannibalisme envers le curé du village.

— Accusés, levez-vous ! lança le greffier d’un ton autoritaire.
— Mais... On est déjà d'bout votre honneur ! répondit le nain vert.

Le juge parut décontenancé d'abord, puis l’agacement put se lire sur son visage. Ces deux nains avaient raison, ils étaient bel et bien debout. Le juge n'appréciait pas vraiment cette comédie ; ces deux nains étaient le stéréotype même de ce qu’on appelle des lutins de Noël… Ils furent même arrêtés sur un traîneau ! Tout à ses agaçantes pensées, il fut réveillé par un "hum hum" forcé. Cela venait du nain en rouge.

— Hum... Oui bon. Messieurs, vous êtes accusés du meurtre avec préméditation de l'homme d'église, l'abbé Ligérant, au sein même de son église. Vous êtes accusés de cannibalisme envers ce même abbé, puis d’actes de cruauté. Que plaidez-vous messieurs ?

Les deux nains ricanèrent en mettant la main devant la bouche. Puis il proclama gaiement :

— Vous avez dit belligérant !

Et il éclata de rire. Son acolyte fit de même. Il se marrait tellement qu’il finit par se rouler par terre. N’importe qui aurait vu ce spectacle n’aurait pu s’empêcher de rire avec eux malgré les circonstances terribles. Même sur les bancs du public, de minces sourires se dessinèrent sur les visages. Le juge, cette fois, ne comptait pas laisser les deux nains Portekoi faire n'importe quoi.

— Accusés ! Cessez ceci ! hurla-t-il.
— Mouhahaha ! Cessons ceci si ceci se… Ho ben non, je trouve pas de suite.

C'est le nain vert qui avait parlé. Et il baissa la tête, honteux tandis que son ami retint un fou rire.

— Accusés, le rapport de police certifie que vos empreintes sont sur les armes du crime. Et vos empreintes dentaires sur le corps de la victime, ou sur ce qu'il en reste pour être exact. Que répondez-vous ?
— Que j'ai perdu des outils m'sieur ! répondit le nain vert.
— Pardon ?
— Ben vos amis ont gardé nos outils m'sieur après l’interrogatoire plein d’interrogations. C'est du vol ça ! Ça peut aller loin vous savez !
— J'ajoute dans le procès outrage à magistrat ! cria la juge, rouge de colère en tapant de son marteau sur son bureau.
— Pardon m'sieur, répondit, penaud, le nain.
— Bien, maintenant expliquez-nous ce qui s'est passé le jour du meurtre !

Les nains se remémorèrent d'agréables souvenirs d'après leurs visages béats, les yeux vers le plafond, les mains jointes comme pour une prière. Ils avaient l'air de sourire aux anges. Puis le nain rouge s'éclaircit la gorge et prit la parole.

— Monsieur l'honorable juge, l'abbé Ligérant nous avait manqué de respect ! Il a cru pouvoir nous utiliser pour sa crèche vivante ! Et il voulait qu'on chante dans sa stupide chorale de Noël. Tout ça parce qu'on se balade en traîneau ! Faut pas charrier ! Alors on s'est fâché. C'est de la discrimination. Ça aussi ça peut aller loin !
— Qu'avez-vous fait à cet homme ensuite ? demanda le juge tandis qu’on pouvait entendre le greffier taper sur sa machine.
— On l'a assommé avec le crucifix qui trône sur l’autel. Et après on l'a assommé encore sur le bénitier. Et enfin, on a claqué sa tête sur le confessionnal. Après on a chanté "Ave Maria" parce que vous comprenez, on est chrétien nous. Et après on l'a charcuté avec nos couverts qu'on a toujours sur nous. En cas de petite faim vous comprenez ? Et après, on l'a bouffé, le cureton. Bien saignant. On a pas touché aux tripes, ça c'est pas chrétien. Voilà.

Le juge eut la nausée. Le greffier vomit ses tripes sur sa machine. Le public eut un même mouvement de suffocation indignée. Les deux nains, eux, avaient l'air d’en avoir royalement rien à foutre. Après avoir emmené les nains Portekoi en cellule, les délibérations eurent lieu et ils furent condamnés à la chaise électrique. Ce qui fut marrant car on eût dit deux boules de Noël illuminées.


Driller_killer
2020-12-17 18:03:04

C'est super cool Noona xD merci o

Noona
2020-12-17 17:09:30

ces nains portent quoi (?) cette histoire !!