Horror Stories

Les lapins de la mort VI

auteur : Driller_killer

publiée le 2020-11-24 15:47:28

ANIMAL, FOU, MUTATION


(basée sur une idée originale du roi concombre)

Résumé des non-épisodes précédemment inexistants :

Mike et Jake ont réussi à fuir les terribles lapins carnivores bouffeurs de cervelle. Après avoir survécu à l’attaque des mangeurs de doigts humains, les voilà en route vers Mimipolis, le village de tous les espoirs. Mimipolis, un joli patelin en pleine campagne, bordée de forêts et de plaines vertes et pures. Les souvenirs de leur village d’enfance, où ils avaient dû affronter le terrible Devil Rabbit -le chef des lapins- reste ancré en eux. Plusieurs fois, avant leur arrivée au havre de paix, ils avaient dû affronter cette boule de poil trop mignonne mais néanmoins sanguinaire. Jamais ils n’ont réussi à lui faire la peau, seule la fuite s’imposait devant lui.

***

~~~Chapitre VI - Le retour de Devil Rabbit.~~~

Mimipolis, 2020.

Mike et Jake avaient enfin trouvé un petit logis où couler de beaux jours heureux. Près d’une petite rivière douce, d’un petit bosquet, la maisonnette était superbe ; faite de rondins de bois et de chaume, à l’ancienne, ils ne pouvaient rêver mieux. Cela faisait bien deux mois qu’ils étaient là et enfin, ils n’entendaient plus parler de tout ce qu’ils avaient subi. Ici, rien ne se passait. Tout était parfait.

Du moins c’est ce qu’ils pensaient. Ils ignoraient que leur cauchemar sur pattes blanches et duveteuses était caché, non loin de chez eux. Le gros bélier hollandais polonais fauve de Bourgogne, Devil Rabbit pour les intimes, s’était creusé un superbe terrier près de leur rivière. Il était en vacances ici et comptait bien en profiter ensuite. Avant de partir, il les boufferait, foi de lapin ! Ce terrible lapin était un croisement de plein de races de sa race, il vivait depuis des siècles dans les contrées de ce pays. Personne ne le voyait, pourtant il était aussi grand qu’un gamin de cinq ans ; et si par malheur ça arrivait, il les bouffait, tout simplement. Ses dents étaient aussi tranchantes que des rasoirs, aussi grosses que des couteaux d’office. Il ne faisait qu’une bouchée de ses victimes. Le diable… Pour le moment, dans son terrier, il ruminait ses pensées. Il savait qu’ils étaient là, ces vegans. Qu’ils espéraient ne plus jamais tomber sur lui… A cette pensée, il ricana dans ses longues moustaches en se frottant les pattes.

Mike, le jour de sa fin, était en train de patauger au bord de la rivière. Tout à côté du terrier, mais il l’ignorait. Le soleil était au plus haut dans le ciel sans nuages. Une légère brise lui donnait des frissons de temps en temps mais la baignade était délicieuse quand même. Voulant faire une pause en attendant l’arrivée de son frère qui était au marché, il sortit de l’eau et s’allongea, mouillé, sur l’herbe. Ramassant une pomme dans son panier d’osier, il regarda ensuite le ciel en la croquant. Il était heureux. Et ça, Devil Rabbit ne le supportait pas. Pourquoi ce connard d’humain pouvait se la couler douce à la vue de tout le monde et lui devait se cacher ? Pourquoi hein ?! C’est ainsi que Dev’ sortit de son terrier, furieux.

S’approcher de l’humain imprudent n’avait pas été difficile du tout. Au contraire, l’homme mâchait tellement bruyamment qu’il n’avait pas entendu les doux pas de la bête derrière lui. Le lapin, se tenant comme un homme, sur ses deux pattes arrière, commença à montrer les dents. Là, Mike eut comme un sentiment désagréable. Vite il se releva et enfin, il vit que l’horreur qu’ils avaient fuie était là, toujours vivante, toujours à leurs trousses.

— Putain mais t’es quoi toi en fait ? hurla t-il en brandissant son trognon de pomme.
— Je suis ton pire cauchemar ! répondit en ricanant le lapin.

Enfin c’est ce qu’il croyait, car tout ce que Mike entendit, ce furent des petits frottements de dents. Par contre il avait pu voir la lueur moqueuse dans ses yeux, et les yeux, c’était vraiment un outil de langage universel. Vêtu de son petit boxer de bain, il tenta de marcher à reculons pour se mettre à bonne distance avant de courir. Mais Dev’ fut plus rapide. Il bondit tel le lapin qu’il était et s'affala de tout son poids sur le pauvre Mike. L’homme renonça à se débattre. Cela faisait plus de dix ans que la bête les pourchassait, elle ne le laisserait jamais en paix… Autant en finir songea t-il.

C’est alors qu’un miracle se produisit. Au moment où les dents du lapin entamèrent la chair de l’épaule de Mike, une détonation retentit. Mike et la lapin regardèrent tous deux d’où elle venait. C’était Jake, posté près de la maisonnette. Il tenait un fusil et visait dans leur direction. Dev’ s’effondra. Pas mort, pas vivant… Mourant dira-t-on. Décidant qu’il valait mieux se retirer pour cette fois, il prit la fuite en laissant sur son sillage des traînées de sang noir.

Mike eut du mal à réaliser la chance qu’il avait eue. Jake courut vers lui pour le ramener dans la maison. Bandage, alcool, compresses… Il fallut une bonne dose de courage à Mike pour subir les soins que son frère lui prodiguait. Après ça, ils burent une bonne bière et allèrent se coucher, non sans avoir vérifié que le monstre était bien parti. Ils fouillèrent le terrier et constatèrent que les traces de sang s’étalaient jusque dans la forêt. Ils étaient tranquilles pour la soirée au moins ; ils aviseraient ensuite au matin pour la suite. Fuir ? Rester et se battre ?

Ben la question elle a vite été répondue.

Alors que la lune éclairait la maisonnette et son intérieur, Mike commençait à s’agiter dans son lit. Douloureux, fiévreux, il remuait sans cesse et marmonnait des choses invraisemblables.

— Carottes… J’veux des carottes… Pis des doigts… Des doigts à la carotte et aux sourcils… Carotène putain de doigt !

Jake, à côté de lui, assis sur sa chaise de garde-malade, le regardait, impuissant. Il ne comprenait pas un mot de ce que son frère disait. Tout ce qu’il savait, c’est que des poils commençaient à pousser partout sur le corps de Mike, y compris sur le visage. Son frère se transformait en lapin… En lapin affamé, selon les dents qui sortaient de sa bouche ensanglantée. Au bout de dix minutes, Mike n’était plus Mike. Son épaule blessée était désormais le haut d’une patte, rousse, alors que le reste de son gros corps animal était blanc. Les yeux du nouveau lapin étaient rouges et regardaient Jake avec fureur et convoitise. C’est que Mike Rabbit sentait et voyait les veines palpitantes de son cou et sur son front…

***

A suivre (un jour qui ne viendra jamais.)


Driller_killer
2020-11-24 16:00:39

Merci xD

Noona
2020-11-24 15:58:52

j'adore !! xD