Horror Stories

Les dessous noirs de la chronique


Alors déjà, bonjour.


Vous êtes sur le point de lire un article parlant de ces fabuleuses créatures que sont les chroniqueurs, et surtout sur l'arrière boutique de ceux-ci. Parce que, on va pas mentir, ils s'en prennent plein la gueule régulièrement. J'vais tout vous expliquer en dessous. D'abord on va revoir nos bases :


Qu'est-ce qu'un chroniqueur ?


Selon la définition de google c'est la critique littéraire est l'étude, la discussion, l'évaluation et l'interprétation de la littérature. Elle peut prendre la forme d'un discours théorique s'appuyant sur la théorie de la littérature ou bien d'un discours plus circonstancié, de présentation ou de compte rendu d'une œuvre littéraire.

Autrement dit, dans notre langue, c'est la lecture approfondie d'une œuvre et son analyse. On y soulève les points forts du livre, les points faibles, la destination finale et tout ceci en évitant de trop en dire pour que les lecteurs de ladite chronique aient envie (ou non) de jeter un œil sur le livre en question.


Comment qu'il travaille, le chroniqueur ?


En général (parce que chacun y va à sa manière), le chroniqueur lit le livre demandé. Pendant la lecture il prend des notes (les miennes peuvent prendre plusieurs pages de carnets). Ensuite, s'aidant de sa lecture, des ressentis qu'il a eu durant celle-ci, s'aidant également de ses notes, il va rédiger la chronique elle-même.


Et c'est pas aussi simple que ne le pense le commun des mortels. Il faut savoir en dévoiler, sans trop en dire, il faut savoir manier les mots pour exprimer l'ambiance générale du livre dans la chronique elle-même, il faut savoir décrypter aussi le livre parfois, car des messages y sont cachés, et il faut aussi savoir parler du négatif. Parce que du négatif, il y en a. Très souvent. Et quand ce négatif prend une place importante dans l'ouvrage, le chroniqueur est obligé d'en parler.


Une chronique ne se résume pas à lancer des fleurs pailletées sur un ouvrage et à baver des petits cœurs au miel.

Ce serait mentir à l'auteur, mentir au lecteur, et surtout, se mentir à soi-même, et dès lors qu'on en arrive à se trahir soi-même, j'estime qu'on n'a rien à faire dans ce travail. Car oui, rémunéré ou pas, chroniquer un ouvrage est un travail. Un travail qui demande du temps, énormément de temps.


Pourquoi sont pas contents les auteurs ?


J'ai, en écrivant, une pensée amicale pour mes collègues qui se font agresser systématiquement malgré les heures investies dans leur travail parce qu'ils sont tombés sur des auteurs trop imbus de leur personne. Car oui, parfois les auteurs deviennent agressifs et sapent le moral des troupes d'une façon dégueulasse... juste parce qu'ils sont frustrés de pas grand-chose.


On va surtout parler de certains auteurs.

Pas des auteurs normaux qui savent que l'humain a ceci de beau qu'il est faillible ou pire : honnête.

On va parler de ces auteurs qui estiment que leur œuvre est la plus magnifique au monde et qui, de ce fait, ne tolèrent pas qu'un chroniqueur ait pu dire des trucs négatifs dessus.

Car l'auteur, appelons le Jean-Eudes, sait ce qu'il fait, sait ce qu'il a écrit, et qu'il sait que non, son livre ne mérite pas que 4 étoiles sur 5 sur Amazon.


Voyez-vous, Jean-Eudes estime que le chroniqueur aurait dû mettre 5 étoiles et lancer toutes les éloges du monde en se pâmant.

Le chroniqueur, selon Jean-Eudes toujours, n'a pas compris le sens de son histoire, il n'a pas compris la relation entre les personnages, il est bête et méchant et ne mérite pas le titre de chroniqueur. Jean-Eudes va donner le nom du chroniqueur et le déconseiller à ses collègues, ces mêmes collègues de qui il se sent supérieur.


Jean-Eudes n'est pas content parce que le chroniqueur a parlé de Jacques ou de la voiture explosive (alors que c'est limite dans le résumé... on tolère le dévoilage d'un tiers du livre en chronique en général - du moins chez moi sinon dites-moi de quoi on parle dans la chronique).


Jean-Eudes n'est pas content parce que le chroniqueur a soulevé de trop nombreuses coquilles ou fautes persistantes, répétitions, alors que ce même Jean-Eudes n'a pas voulu payer un correcteur ou un bêta-lecteur.


Bref, il est pas content Jean-Eudes.

Il croyait que le chroniqueur allait dire que son livre était méga-génial-ta-race et que tout le monde devrait l'avoir chez soi.


Alors j'aimerai qu'on dise tous à Jean-Eudes de se calmer et de redescendre chez les mortels.

Jean-Eudes pourrait se concentrer aussi sur le positif relevé par le chroniqueur. Ou alors apprendre des points noirs soulevés...

Tous les livres du monde ont des aspects négatifs. Et tous ont des aspects positifs que Jean-Eudes n'aura pas pris la peine de retenir de la chronique, se concentrant, toute colère aux dents, sur les quelques phrases négatives, ou sur des aspects qu'il n'aime pas être mis en avant.


Ce n'est pas la faute du chroniqueur s'il n'a pas saisi les subtilités d'une relation ambiguës, s'il a dévoilé un peu trop de choses du début du roman, s'il a été heurté par les fautes... ou si le livre ne l'a pas branché des masses.

Puis, Jean-Eudes devrait aussi se dire que ce n'est pas parce que le chroniqueur n'est pas fan de lui, que ça ne sera pas le cas d'un autre, ou de ses lecteurs.


Il y aura toujours des lecteurs pour le livre de Jean-Eudes. Ce n'est pas une étoile en moins sur un système de notation foireux qui fera la différence honnêtement. J'ai vu des livres à 1 étoile se vendre plus que des livres à 5 étoiles... alors hein... et HO SURPRISE : la plupart des lecteurs ne lisent même pas les commentaires ou chroniques... DINGUE !


En clair : Jean-Eudes n'a pas à dicter au chroniqueur comment il doit faire son job. Chacun reste à sa place. Si on ne veut pas de négatif, on ne donne pas son livre en pâture. Simple. Basique.


Et en bref ?


Il est calmé Jean-Eudes ? Oui ? Tant mieux.


Je souhaite m'adresser maintenant à tous ces auteurs qui sont passés entre mes yeux en me confiant leur ouvrage, et surtout à ceux que j'ai mal évalué : MERCI de votre professionnalisme. Vous avez accueilli mes critiques avec beaucoup de classe, et ça donne espoir pour la suite. C'est grâce à vous que nos métiers sont si beaux. Et c'est une joie d'échanger avec vous pour améliorer vos textes suivants.

L'échange de ressources est enrichissant pour tous, du côté auteur, du côté chroniqueur... et du côté futur lecteur qui ne pourra que sortir grand vainqueur de l'histoire en sachant dans quoi il entre en achetant votre ouvrage.


Je pense en avoir terminé.

Vous pouvez me poser toutes vos questions en commentaire ou ses mes réseaux, j'y répondrais avec joie.

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C'était DK pour vous asservir.


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