Horror Stories

EPIDEMIC - Chapitre 5

auteur : Driller_killer

publiée le 2021-11-06 13:06:36

AVENTURE, PARTICIPATIF, EPIDEMIC


CHAPITRE CINQUIEME
--- Sûres les routes ---

Nous avons perdu le petit Jean-Rudolphe dernièrement, avalé par les flots de la Deûle...
Milady de Gwenola est out aussi, occupé.e à manifester outretombe pour le droits de mort.e.s et pour le féminisme fantômatique.

Il reste 4 personnes dans l'aventure pour le moment.

Vous pouvez relire le précédent chapitre ici
Et écouter ceci pour une meilleure immersion dans cette nuit lilloise embrumée de morts.
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Dans le chapitre précédent, Lara, Titouan, Victoria et Steph sont séparés. Ils ont un moyen de locomotion à leur disposition (voiture et bateau) et sont dans l'urgence de partir. Vers la campagne pour le groupe Steph/Victoria et vers les grands axes routiers pour Lara/Titouan... Leur choix ont été faits.

_________CHAPITRE 5_____________

Derrière la voiture, dans la nuit noire éclairée des lampadaires vieillots de la ville, Steph et Victoria tremblaient. Un peu de peur, certes, mais de froid aussi. Les grondements derrière elles s'amplifiaient et elles n'osèrent pas regarder en arrière. C'était inutile. Elles savaient que les choses approchaient, attirées par leur corps vivant dans lequel battait leur cœur. Du sang frais, servi sur un plateau d'argent, du pain béni...

— Viens, on prend la voiture ! s'exclama Victoria.
— Mouais, je sais pas trop...
— On n'a pas tellement le choix meuf...

Steph osa un regard en arrière et d'un coup, elle bondit de sa maigre cachette pour ouvrir la portière côté conducteur tandis que son amie prenait d'assaut la place du passager, celle du mort comme disent les gens... disaient plutôt.

Steph ferma la portière et tourna la clé de contact. Un vrombissement salvateur retentit et les filles soupirèrent alors que des mains tapèrent les vitres. Des mains putrides, certaines en lambeaux, d'autres à qui il manquait des doigts...

— Pfiou... moins une ! démarre ! hurla Victoria en se trémoussant sur son siège.
— C'est fait ! Mais je sais pas comment on avance moi !
— Les pédales sous tes pieds bordel !
— Ha oui !

La voiture démarra en trombe, écrasant des choses en Z sur son chemin, faisant un feu d'artifice avec les intestins explosés et les têtes morcelées. Steph ne parvenait pas à contrôler le véhicule, crispée sur le volant qu'elle essayait de maitriser pour faire le tour du rond point. Tour qu'elle fit plusieurs fois au point que les deux filles en eurent la nausée...

— Toi qu'aime pas la foire... s'exclama Victoria en retenant un haut-le-cœur.

*** *** ***

Lara relâcha son étreinte et laissa Titouan respirer par la même occasion. Ils regardèrent Jean-Rudolphe qui s'enfonçait dans les eaux noires et vaseuses, puis le petit bateau qui tanguait sous l'effet des légères vagues causées par le vent.

— Mauvaise idée... chuchota Titouan en devinant les pensées de son amie.
— Je sais, mais si on regardait dedans ? répondit Lara.
— Nope... j'le sens pas. On va pas s'faire niquer par cette pseudo réplique du Titanic Lara...
— Bon d'accord, je crois que t'as raison.

Ils regardèrent partout autour et ne virent rien d'inquiétant alors ils reprirent leur marche nocturne sur les berges du canal de la Deûle. Les clapotis de l'eau venant se jeter sur les bords bétonnés furent la seule musique de la nuit.

Ils marchèrent quelques minutes sans se parler. Passant par le Zoo, le jardin Vauban... puis ils furent isolés de la ville, presque cachés par des arbres bordant les routes. Bientôt, ils furent tout à fait loin de tout, n'ayant pour seule compagnie que quelques poules d'eau qui nageaient sans se soucier de rien.

— Ne bouge plus ! chuchota Titouan en tirant Lara vers lui.
— Quoi ? demanda-t-elle, le cœur battant et le mp3 en main pour se défendre.
— Derrière nous, à quelques mètres, dix tout au plus, y a quelqu'un.

Ils ne bougèrent plus, attendant la rencontre fatidique. Des grognements arrivaient vers eux et enfin ils virent une silhouette disloquée se diriger vers eux.

*** *** ***

Après avoir fait une douzaine de tours du rond point, Steph parvint à contrôler le véhicule, et heureusement car il commençait à s'embourber dans les corps réduits en purée sous ses pneus.
Victoria, soulagée, regarda partout autour et soupira d'aise quand elle vit une horde, digne d'une manifestation de gilets verts, arriver vers eux, doucement au loin. Une masse énorme de choses dont on ne doit pas prononcer le nom dans les fictions arrivait vers le bruit que faisait le véhicule.

Steph prit une sortie de justesse, évitant d'être piégée. Elles roulèrent ensuite sereinement, ne rencontrant des macchabées que de temps en temps, jamais assez longtemps pour être inquiétées.
La route n'était même pas bloquée, comme si au matin même, les gens s'étaient dit qu'ils allaient rester chez eux, ne pas sortir.

— C'est bizarre qu'il n'y ait pas de voitures non ? demanda Victoria, songeuse.
— Bah ça se passe toujours comme ça dans les films.
— Ouais mais bon...
— Cherche pas, profite et repose toi !

Victoria ferma ses yeux un instant. Et ce fut l'instant de trop. La voiture venait de s'encastrer dans un arbre. Steph hurlait, de douleur et de peur. Elle avait le front ensanglanté et Victoria qui n'avait rien vu venir essaya de la calmer.

— Tout va bien ! On va sortir de là et on va marcher, tu peux marcher, tu crois ?
— J'ai rien aux jambes. J'ai juste mal à la tête.
— Alors viens, et calme toi. On est en vie, et y a personne autour. On est où là ?
— On est sorties de Lille il y a longtemps. Là on est sur Gondecourt, t'as dormi une demi-heure.
— Hein ? J'ai juste cligné des yeux !
— Bah nan... J'ai voulu te réveiller parce que je somnolais aussi, mais j'y arrivais pas.

Victoria, confuse et désolée, baissa la tête.
Les filles sortirent de la voiture accidentée et regardèrent les dégâts. Le capot était foutu et le moteur crachait une fumée noire. Sans regrets mais avec une certaine appréhension, elles continuèrent la route à pieds. Autour d'elles, des champs, des petites maisons isolées, et des champs encore. Personne à l'horizon, c'était déjà une bonne nouvelle.

*** *** ***

Lara et Titouan n'avaient pas bougé d'un pouce tandis que la chose arrivait devant eux. Ils furent surpris, désolés et tristes de voir que ce n'était qu'un enfant. Plus vivant, mais un enfant quand même qui ouvrait et fermait la bouche frénétiquement, tendant les bras comme pour demander un câlin. Lara sentit les larmes poindre et elle inspira profondément. L'idée d'étrangler et de faire sauter la tête d'un enfant, même en Z lui répugnait.

Titouan avait senti le malaise, lui-même ne se sentait pas capable de faire du mal à ce macchabée d'une dizaine d'années, tout au plus.
Ils prirent la décision, sans se concerter, de continuer la route en se disant que de toute façon, la chose avançait péniblement et qu'elle ne les rattraperait pas de sitôt.

Ils marchèrent encore, longeant toujours le canal, passant sous des ponts, parfois au-dessus, de temps en temps ils voyaient des habitations sur les routes au loin, toujours sans lumière. Puis enfin, ils arrivèrent à l'entrée d'une petite commune à la limite de la campagne, Haubourdin. Là, ils firent le moins de bruit possible. Fini la solitude. Les bruits allaient et venaient. Certaines habitations, des immeubles, étaient lumineuses. De la vie. Il y avait de la vie dans le coin et, loin de les rassurer, cette pensée leur donnait envie de fuir encore plus loin.

Alors qu'ils marchaient sans faire de bruit, ils furent arrêtés net par quelque chose qui leur barrait la route.

— Halte ! s'écria une silhouette en se postant devant eux.

Lara et Titouan ne bougèrent plus. Ils étaient bien trop surpris par le nombre de gens autour d'eux, armés jusqu'aux dents.

— Où allez-vous ? Que faites-vous ? Combien de gens avez-vous tués ? Pourquoi ?
— Wesh mec, on est pas dans The walqueen daide hein ! railla Titouan.
— Ta gueule le gueux ! On passe pas c'est tout. Derrière, c'est chez nous, et vos virus de la ville, ils restent avec vous !
— Mais ! on est vivants ! s'exclama Lara en se tenant à son ami.
— Rien à foutre.

Titouan s'avança légèrement vers le "garde" en survêtement et baskets "Naïke" et le regarda dans les yeux.

— Ecoute mec, on veut juste passer cette ville et rejoindre la campagne. C'est tout.
— Et moi j'veux juste que tu dégages.
— Ben voilà, on s'entend ! Tu nous laisses passer, et on dégage...

L'inconnu sembla réfléchir, perdu.

— Hey les gars ! On en fait quoi de ces zigotos ? demanda-t-il en regardant ses camarades derrière lui.
— Demande leur leurs armes et leurs vivres !
— Allez les cocos, donnez-moi toutes vos affaires, et après vous pourrez partir ! Vous avez cinq minutes pour vous décider sinon on tire dans l'tas !

*** *** ***
Steph et Victoria marchèrent ainsi, sur les routes de campagne, pendant encore des heures sans rencontrer personne. Des hululements embellissaient la nuit, rappelant que la nature était maitresse des lieux et que la vie continuait.

La peur toujours au ventre, les filles étaient aux aguets. La tête de Steph était douloureuse, mais elle tenait bon. Elle avait arrêté le saignement de son front en l'entourant d'une bande déchirée de son t-shirt. Elle regrettait amèrement de ne pas avoir pris de trousse de secours.

La lune éclairait la petite route cahoteuse, elle purent voir où mettre leurs pieds dans ces endroits où les lampadaires étaient inexistants. Puis elles arrivèrent, après nombre de kilomètres avalés, dans une petite bourgade endormie où le silence régnait. Aucune des petites maisonnettes ne semblait habitée, aucune lumière n'était visible.

— Un village fantôme... chuchota Victoria en s'arrêtant pour reprendre son souffle et masser ses pieds endoloris par la marche.
— Dingue... dire qu'à Lille c'est la panique et ici, on dirait qu'ils s'est rien passé. Personne dans la rue, pas un mort, pas une trace de sang...

Elles analysèrent tout autour d'elles et admirent que le coin était coquet et paraissait sécurisé.
Elles allaient repartir, sans avoir de destination finale en tête quand une main agrippa Victoria.

— Holà les jolies ! Vous allez où comme ça ? demanda une voix rude.

Avec un sursaut de surprise et de peur, elles se retournèrent et firent face à un petit vieux qui paraissait fort sympathique avec ses grosses lunettes. Elles lui faisaient des yeux de mouche, tellement elles semblaient disproportionnées pour son petit visage ridé.

— Vous devriez pas vous promener comme ça la nuit, c'est dangereux vous savez.
— On sait oui... on vient de Lille... répondit Steph, lasse de fatigue tout à coup.
— Venez donc chez nous, Mariza vous fera une soupe et vous vous reposerez un peu.

Les filles se regardèrent...

______ FIN DE CE CHAPITRE_______

PLACE AUX CHOIX :

--> Titouan, Lara, votre choix sera :
Donnerez-vous vos affaires au jeune en survêtement ?

--> Steph, Victoria, votre choix à vous se porte sur :
Suivrez-vous ce p'tit vieux à sa maison ?

***Vous pouvez vous concerter, mais vos choix peuvent être différent aussi, la narration du prochain chapitre se fera en fonction.***

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Le prochain chapitre sortira Mercredi 10 novembre.
Vous avez jusque mardi midi pour me faire parvenir vos choix.
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QUE LES MORSURES PUTRIDES VOUS SOIENT EPARGNEES
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