Horror Stories

Panier d'osier

auteur : Driller_killer

publiée le 2021-05-02 20:49:18

SEQUESTRATION, VEGAN, CAVE


Froid.
Il fait si froid ici.
Et noir.
Des ténèbres sourdes et humides, parfumées de putréfaction ancienne et de champignons persistant à rester ancrés dans le bois des étagères posées contre les murs de pierre.
Le temps me semble arrêté. Depuis que je suis arrivée là, il y a quelques jours, j’ai l’impression de ne plus avoir vu ni le soleil, ni la lune, ni les nuages blancs, ni les étoiles… Peut-être même que cela ne fait pas plusieurs jours, mais plusieurs heures seulement…
Je n’ai aucun moyen de savoir, il fait si noir. Pas de fenêtre, pas de lucarne, pas d'interstice où se faufilerait un rai de lumière salvateur pour mon esprit.

Je ne sais même pas où se trouve la porte. Celle qui me regarde, qui se moque de moi, prisonnière de cette ombre, de cette cave sordide. Je ne l’ai entendue grincer qu’une seule fois. Quand je suis arrivée, tenue fermement par la main qui m’a jetée ici, dans ce panier d’osier.
M’aurait-elle refilé quelque chose, cette personne ? Possible. Je ne bouge pas. Je n’y arrive pas. Nue, complètement à la merci des insectes qui se promènent librement, allègrement sur mon corps. Qui me piquent. Qui dansent autour de ma tête…

J’entends des choses. Je ne sais pas si c’est au dessus de moi, à côté, ou dehors, si tant est que ce dehors existe vraiment. Je ne me souviens déjà plus. Avais-je une vie ? Avais-je une famille ? Etais-je appréciée ? Dans ce cas, pourquoi est-ce que j’étais là, enfermée, nue dans ce panier d’osier ?
Ce que j’entends ressemble à des pas. Ils vont. Ils viennent. Et jamais ils ne s’arrêtent. Ma tension monte. Je sue. Il arrive. Ou elle ?

Va-t-il me parler ?
Me laver ?
Ou juste me prendre ?
Me découper ?

Les pas s’en vont. Ce n’est pas pour tout de suite. Les insectes continuent leur sabat sur moi, se posant parfois sur les brins d’osier, puis revenant, chuchotant sur leur passage, communiquant entre eux. Je ne les chasse pas, de toute façon, mes capacités motrices sont amoindries.

J’en profite pour mieux observer ce qui m’entoure. Dans cette obscurité, seuls me restent les sens du toucher et de l’odorat. Sur mes flancs, je peux sentir des choses rebondies. Légèrement molles. L’odeur que ça dégage ne m’est pas désagréable. J’imagine, en inspirant profondément, des espaces verdoyants, illuminés par un soleil radieux. Une réminiscence ? Je ne sais pas. Cette odeur me laisse rêveuse et nostalgique.

Les pas reviennent et coupent mon évasion. Je ne vois plus que le noir. Je ne sens plus que la mort. Je ne touche plus que la fin.
Il entre. Une lumière m’aveugle. Ce quelqu’un s’approche de moi, couteau en main. Chantonnant, guilleret.

Il est là, arrêté devant mon panier, ma cage. Je sens son souffle. Il me renifle. Me pince la peau. Je ne peux rien faire, rien dire.
Puis il me met dans le plat qu’il tient en main. C’est la fin.
Être une pomme, c’est vraiment pas une sinécure.


Driller_killer
2021-05-02 21:03:25

Merci les filles !!!
Je suis super heureuse de ces retours !

Bernie Calling
2021-05-02 20:59:36

Magnifique comme toujours.
Je me suis demandée qui se cachait dans ce panier.
J'aurai cru 4 pattes qui finissent en bon gigot, je n'étais pas si loin
Bravo

Maritza
2021-05-02 20:57:59

J'adoooore.... ♥.♥ et cette chute :D !