Horror Stories

WIKIKOA - épisode 2

auteur : Driller_killer

publiée le 2020-10-10 14:33:12

FORET, WIKIKOA, SéRIE, FANTASTIQUE


La nuit était tout à fait tombée maintenant, la lune éclairait la forêt, mettant en valeur les fines gouttes de pluie qui tombaient doucement sur les feuilles et la terre. Marcher devenait plus difficile maintenant pour Mike tellement il avait mal aux pieds à force de tourner en rond et de soulever ses semelles qui faisaient ventouses avec la terre humide. Il avait aussi très mal à la gorge à force de crier et pleurer. Il n'avait presque plus d'eau dans sa gourde, et enfin il commençait à être totalement épuisé.

Il marchait maintenant doucement, sans appeler son fils, se disant qu'à cette heure il devait malgré tout être endormi. Lui-même en crevait d'envie. De temps à autre, il laissait par terre ou il accrochait sur une branche visible un morceau de vêtement ou des accessoires qui ne lui servaient à rien dans son sac, dans l'espoir que si son fils passait par là, il suivrait sa piste à l'instar du petit poucet. Mais plus le temps passait, moins il avait d'espoir que cela ne serve à quelque chose. Sans savoir si c'était à cause de la fatigue, le désespoir ou la forêt et son ambiance lourde à cause de l'évènement plus tôt dans la soirée, il imaginait le pire, parfois en réussissant quand même à l'imaginer simplement endormi.

Voulant se reposer un moment, et peut-être même s'assoupir quelques minutes, il regarda autour de lui à la recherche d'un tronc douillet sur lequel s'appuyer. C'est là qu'il constata qu'il était enfin revenu dans la clairière où tout avait commencé. Clairière qu'il recherchait depuis des heures après avoir tenté de chercher son fils. Des heures... Le sac de Paul était toujours là, et celà lui sembla ridicule. Un point noir dans cette vaste zone ombragée par le gigantesque arbre où ils avaient pique-niqué. Il se rua dessus, et le serra fort dans ses bras. Il essayait de retrouver l'odeur de son fils sur ce sac, fouilla dedans. Il hurla encore une fois son nom, et encore une fois il n'eut aucune réponse.

Serrant encore une fois le sac de son fils puis le reposant, il se releva et scruta sous la lumière lunaire les environs. On aurait dit que le temps était arrêté. Toujours aucun bruit, aucun vent. Juste cette fine pluie. Mike avait l'impression que la forêt était morte. Il fit le tour de l'arbre et se pris le pied dans une racine. La chute qui s'ensuivit fut douloureuse, sa tête avait cogné le tronc avec violence et il se senti tomber. Cependant sa chute ne s'arrêtait pas, il avait l'impression de rouler et rouler encore. Quand il ouvrit ses yeux il ne distingua rien mais sentit l'odeur de la terre et il sentit sur ses bras des racines autour de lui. Il continuait de tomber, comme s'il était sur un toboggan, cognant sa tête sur les parois de terre. Il constata qu'il était dans un tunnel, et il n'y croyait pas, c'était ridicule. Mais il dût bien admettre que l'odeur terreuse, les racines qui le fouettaient et le mal de dos qu'il ressentait étaient tout à fait réels.

La chute dura bien trente seconde, ce qui faisait penser à Mike qu'il devait être à au moins vingt mètres de la surface. Le choc fut rude à l'atterissage mais au moins était-il en vie. Il faisait noir, il n'y avait plus les minces rayons de lune là, sous terre. A tâtons, il chercha à se mettre debout, mais n'y parvint pas. Alors il se mit à quatre pattes, position beaucoup plus confortable que celle, absurde, où il était : allongé sur le ventre à se tortiller comme un ver.

Il avança, sans savoir s'il s'enfonçait sous terre ou s'il remontait, car l'endroit où il était paraissait assez plat. Une main devant l'autre, un genou... Il avança ainsi durant de longues minutes jusqu'à parvenir à une sorte d'intersection, ce qu'il sut grâce à des lumières faibles et dansantes sur les parois. Il mit quelques secondes à réaliser que ces lumières n'avaient rien à faire là... Et il prit peur. Il n'aimait pas la tournure que prenaient ses recherches. Mais malgré tout, il prit la décision d'aller vers la lumière, sur sa droite. Peut-être son fils était-il simplement là-bas, tombé lui aussi pendant le pique-nique. Mike tentait de se raisonner en avançant toujours à quatre pattes.

Il arriva, sous la lumière des torches accrochées dans des racines, à l'entrée de ce qui semblait être une salle, aux parois faites de racines et de terre dure, le plafond, très bas, était fait de la même matière. A l'intérieur, il eut la peur et la surprise de voir... des enfants. Tous endormis. Allongés à même le sol, ils devaient bien être une dizaine, les yeux fermés, la respiration lente. Ils étaient dans un sommeil profond, certains ronflaient, les autres s'agitaient dans leurs rêves... Mike ne savait pas quoi penser ; la situation était inédite, irréelle. Mystique même, pensa t-il.

Tandis qu'il scrutait tous ces petits corps par terre, vêtus comme à la ville - pantalons, pulls et même leurs chaussures encore aux pieds - il repéra un t.shirt qu'il connaissait bien, rouge avec un personnage de dessin animé dessus et des boucles foncées qu'il reconnut entre mille. Celui de son fils ! Paul était là ! Mais, étrangement, il n'osait pas l'appeler. Il tenta d'avancer jusqu'à lui, en prenant garde de ne pas toucher les autres enfants, car il sentait que ces enfants là n'étaient pas tout à fait... normaux... Mais hélas, au moment où il était arrivé à quelques centimètres de son fils qui paraissait aussi endormi que les autres, une main lui attrapa le bras. Il tourna la tête vivement et vit le visage d'une jeune fille le fixer sévèrement, les yeux blancs, sans iris ni pupille.

A suivre....