Horror Stories

La bougie

auteur : Driller_killer

publiée le 2020-10-06 20:13:00

SORCELLERIE, PARANORMAL


Léa et Marie marchaient dans les rues du marché aux puces depuis le matin. Elles avaient déjà fait quelques emplettes, et espéraient encore dépenser le petit pécule qu'elles avaient économisé. Léa s'était trouvé des vêtements vintage, des disques et quelques morceaux de tissu pour ses broderies. Marie s'était acheté une dizaine de livres, dont la moitié exclusivement de Barker. Elles s'étaient aussi octroyé un petit repas rapide composé d'un sandwich et de frites.

Le temps était au soleil, pas une brise en ce mois de juillet, une journée parfaite. Les deux amies venaient d'arriver devant un étal de bric à brac. Il y avait, sur le tapis au sol, des bougeoirs, des plats en étain, des vieux bibelots. Et la personne qui le tenait était une vieille dame, voûtée et d'apparence négligée. Elle portait une vieille robe fleurie, un petit foulard sur la tête d'un rouge très vif et des souliers de cuir craquelé.

Quand les deux filles se penchèrent sur le stand, la vieille dame les fixa, intensément, comme si elle voulait pénétrer dans leur tête à travers le regard. Léa et Marie ne s'en formalisèrent pas, c'était une dame âgée après tout, et ce genre de personne avait parfois des comportements des plus étranges. Elles fouillèrent le tas de marchandises sans trouver quoi que ce soit d'intéressant à leurs yeux, alors elles se levèrent et au moment où elles s'apprêtaient à repartir la dame les retint :

— Hola mes mignonnes ! Vous ne trouvez pas votre bonheur ?

Les deux filles firent un signe de tête négatif. La dame reprit :

— Allons mes coquines, tenez, prenez ça, je vous l'offre !

Et elle leur tendit une bougie. Une simple bougie blanche, avec une mèche rouge. Les deux filles n'osèrent pas la refuser. Elles remercièrent donc la vieille femme et repartirent, en se disant que décidément, le monde était bizarre parfois. Elles faillirent se disputer pour la garde de la bougie et finalement ce fut Léa qui l'emporta, malgré elle. Sans savoir pourquoi elle se sentait mal à l'aise avec l'objet dans son sac.

Après cette longue journée, elles rentrèrent toutes deux dans leur appartement respectif avec la promesse de se revoir le lendemain pour leur café habituel devant leurs séries télévisées. Léa, en entrant chez elle, rangea ses achats et posa la bougie sur sa table basse. Après ça, elle se fit une toilette rapide et enfila son pyjama pour enfin se poser dans le canapé.

La soirée passa tranquillement, elle feuilletait un des livres que Marie, qui était trop chargée au moment de rentrer chez elle, lui avait laissés. Pendant qu'elle lisait, elle ne vit pas la bougie s'allumer toute seule. Elle ne prêta même pas attention à la lueur que la flamme faisait danser sur les murs alors que l'ampoule au plafond elle, s'éteignait doucement. La pénombre régnait bientôt, et enfin Léa se réveilla de sa torpeur et constata l’événement insolite. Elle ne se rappelait certainement pas avoir allumé la bougie, encore moins avoir éteint la lampe. Agacée, elle se leva pour souffler sur la bougie, mais elle n'en eut pas l'occasion. Ses yeux fixaient la flamme et ne la quittaient pas. Celle-ci oscillait, grandissait, rappetissait au fil des secondes, et jamais elle ne cessait de bouger. Le plus étrange était que cette flamme était rouge, et non pas de la couleur habituelle orangée.

Léa était comme hypnotisée. Elle ne bougea plus un poil, respirait très lentement en fixant la flamme. Plus la flamme oscillait, moins Léa respirait, comme si son souffle était happée pour nourrir la bougie. Au bout d'un moment, la lueur de lumière dans la pièce cessa de trembler, la bougie s'était éteinte, et Léa était tombée. Elle ne respirait plus du tout. Tandis que son corps gisait là, sur le parquet, la lumière de la pièce se ralluma, et tout redevint normal, excepté que son souffle ne revint pas.

Le lendemain, Marie vint, comme prévu, boire son café. Seulement, au lieu de ça, c'est le cadavre de sa meilleure amie qu'elle découvrit, et cette bougie innocente sur la table, qui s'était allumée peu avant son arrivée. Elle n'eut même pas le temps d'appeler les secours, car elle était irrésistiblement attirée par la flamme rougeoyante.