Horror Stories

Le froid de la nuit

auteur : nobodyhere

publiée le 2020-09-27 11:30:07

ENLEVEMENT, TRISTE, TELEPHONE


Tu te rappelles de ces nuits-là ? Dans le froid nocturne, abandonné, seul et triste.

Je me rappelle de cela, c'était il y a 3 mois. Tu étais un petit garçon jovial, tu étais jeune et tu avais la vie devant toi. Sans que tu ne saches pourquoi, tes amis commençaient à te trouver louche, et chacune de tes plaisanteries finissaient en drama, alors que tu ne le voulais pas.

Une fois, tu m'avais confié que si tu tenais à être drôle, c'était pour être la source de lumière des gens tristes et malheureux. Tout ce qui comptait, c'était de voir des sourires se dessiner sur leurs visages, et, si ça ne les faisait pas rire, tu perdais ton sourire, car tu avais échoué à la mission que tu t'étais donnée, c'est à dire, rendre heureux. Par quelques mots.

Il y a quelques mois, en août, tu souriais sans cesse en lisant les messages de tes amis, et tu étais heureux. Depuis quelque temps, c'est froid, plus de messages... et le froid de la nuit parcourait tout ton corps d'adolescent. Comme tous les autres, tu demandais si c'était toi le problème ou les autres. Comme tous les autres, tu as ressenti de la tristesse. Enfin, ça te travaillait jour et nuit.

Tu n'avais déjà pas d'amis IRL (dans la vraie vie), alors si tu commençais à perdre tes amis virtuels, ça allait être la catastrophe.

15/04/20 à 23h24, nouvelle connerie.

Bah bravo, tu es fier de toi ? Le but était de renouer les liens avec eux, pas de les rompre. Mais ça, est-ce que tu l'as compris ? Après tout, dans le froid de la nuit, ce n'est pas évident.

Dans ton lit, tu réalises alors le silence pesant qui se trouve dans ta chambre, tu réalises alors qu'il est deux heures du matin, que toute la maison dort, sauf toi, et que tu te tues les yeux, dans l'attente d'un message qui n'arrivera jamais.

Parce que t'es sorti en pleine nuit dans la rue, sale inconscient, t'étais fou à ce moment ?

Enfin, tu étais dans la rue, en jean troué et en t-shirt noir, et tu as marché sur les feuilles mortes qui creusaient sous tes pas lourds.

Tu pleurais énormément, et tu courais inconsciemment, dans la rue, ne cherchant aucune direction précise, et tu as fini dans une ruelle sombre, près des poubelles puantes et des rats d'égout cherchant à manger quelques restes.

Tu regardais un cafard escalader le mur fissuré qui était à ta gauche, ça t'amusait.

Mais sortir dehors à deux heures du matin est risqué, car les monstres circulent tranquillement dans les villes : tu t'es fait kidnapper.

Et, d'après le journal, tu as vécu d'horribles choses, tu as été défleuri, tu as été castré, et surtout, ton agresseur a tout enregistré, tes cris, tes larmes, et ta voix qui devenait de plus en plus fébrile, l'ambiance froide qui régnait était à glacer le sang.


Mais dis-moi, pourquoi ne pas m'en avoir parlé ? Je suis ton meilleur ami. D'après le journal, t'es mort à 2 heures 47 minutes, si seulement tu avais pu lire le message que je t'avais envoyé à 2 heures 48 minutes...


Driller_killer
2020-09-27 15:47:18

J'aime ! Bravo Nobody !