Horror Stories

Parfaite agonie


--- Parfaite agonie ---
Tome 1 : Déni
de Elina Vath

Résumé : Lorsque Maëlys accepte ce travail dans l'immense demeure de Julian, c'était avant tout pour échapper à ce que représentait la fac pour elle. Seulement, que ce soit le maitre des lieux ou sa maison, plusieurs évènements vont la renvoyer à ses angoisses. Quel est ce cri désincarné qu'elle entend dans les couloirs ? Ainsi que ces pièces mystérieusement verrouillées au rez-de-chaussée ? Qu'est-il arrivé à cet homme pour qu'il soit marqué de cette façon ? Et elle, que cache-t-elle sous ses cicatrices et son attitude destructrice ?

Genre : fantastique / érotique (et plus) / romance
Pages : 447 en ebook
Éditions : auto-édition via BooksOnDemand
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Merci à l'auteure pour sa confiance
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Que voili que voulou ? Une romance ? Dans la lecture de Driller ?

Que nenni chers pôtits squelettes. "Parfaite agonie" c'est pas une romance. Enfin... si. Mais non.
C'est une romance avec la mort. Avec la peur. Avec le mystère. Avec le passé. Avec le sang. Et enfin, avec Julian, Kane, Tim'... une romance humaine, faite de peines, larmes et parfois, de joie... dans un monde brumeux où vivent les morts et la haine.

C'est l'histoire de Maëlys, paumée dans sa vie de p'tite adulte de 22 piges qui se retrouve à bosser chez un mec excentrique en tant que "servante" j'ai envie de dire et qui va être confrontée à des manifestations paranormales, à l'attitude étrange de son patron, des amis de celui-ci...
Que s'est-il passé dans cette demeure ? Qu'y a-t-il dans le sous-sol interdit ? Pourquoi ne peut-elle pas utiliser sa salle de bains ? Que voit-elle dehors ?
En dehors de ça, qu'est-il arrivé à Maëlys dans son passé trouble ? Sa rage et sa tendance à se mettre en danger, d'où viennent-elles ?
Je n'en dis pas plus, parce qu'il faut lire, chers pôtits mortels, pour bien saisir les choses, parce qu'elles sont nombreuses. Je peux par contre dire que le patron ne laisse pas l'employée indifférente, et inversement... (hu hu hu)

Entrons dans le vif du sujet. Difficile de juger clairement ce bouquin. Parce qu'il sort du lot. C'est un genre que je n'ai, je crois, jamais lu tant les sens se mêlent, entre effroi, interrogation, émoustillement, peine...

"Parfaite agonie", c'est un livre qui prend son temps. Clairement, il n'est pas fait pour quelqu'un qui veut juste de l'action, ici, on flotte entre les lignes, dans le quotidien de Maëlys et de sa meilleure amie, de Julian. On entend les hurlements aussi. Et ça peut rebuter quelques lecteurs avides de sensations.
J'ai été déroutée au début de ma lecture de voir la place que prend le quotidien et les p'tites conversations "banales" entre les protagonistes de l'histoire.

Les évènements arrivent au compte-goutte et justement, du fait du choix de l'auteure de prendre le temps (en soi c'est pas déconnant dans le contexte général), ils en deviennent en fait plus palpables et prennent une dimension plus effroyable que dans un livre d'horreur pure.
Car, pendant quelques pages, pendant le jeu du chat et de la souris entre Maë et Ju', on oublie. On oublie le noir et les fantômes pour assister à des scènes plus humaines et chaleureuses (insérez ici un émoji coquin). Puis... badaboum, ça se corse, ça remonte, ça souffle fort, ça fait même du mal, et zouuuu, on redescend. Les salves de terreur, si elles sont d'abord espacées, prennent de plus en plus d'ampleur au fil de l'enquête de la jeune femme et de sa meilleure amie... et on arrive sur un final grandiose.
Mention bonus good game pour la, le, le truc qui hante la maison, j'aime beaucoup beaucoup le concept !
Le tout est dosé, savamment, en quatre parties. Une première, qui pour moi a été la "présentation" (peut-être la plus longue en fait), ensuite la "révélation", puis "l'action" et enfin, la "conclusion"... bien joué. Tout le rythme tient dans ces parties gérées comme il faut, tout ça sur une bande originale bien heavy, comme il se doit. Yeah.

J'ai pu noter dans ce roman une importance énorme pour l'amitié d'abord, c'est même l'essence du livre, sinon, point d'enquête, d'entraide, d'amour, de dialogues piquants... Ici, tu ne fais pas de mal à un membre de la bande, sinon gare à toi. Ils sont soudés, même quand ils se détestent un instant... et c'est beau. Ils sont tous si humains à leur façon, avec leurs écorchures, leur passé douloureux, leurs blessures, leurs fautes, leurs envies.

Déroutée et perplexe d'abord par le caractère violent des filles, j'ai compris au fil de l'histoire pourquoi le sang tourne à mille à l'heure quand ça n'allait pas...
Et gloire à la passion charnelle qui les relie tous plus ou moins, dans des scènes bien écrites, de tout genre (hétéro, homo) avec une leçon quelque part sur la liberté, le consentement, la prévention des maladies et grossesses non désirées...
Puis, vient la part psychologique. Nous avons là de grands blessés à l'âme, portant les stigmates de leurs souffrance. Infligée par la vie, par les gens, par la haine, la peur, de vivre bien souvent, le deuil... Grande humanité dans le choix du traitement, et grande vérité aussi. L'auteure a écrit ces choses comme on peut les ressentir si nous sommes passés par-là, j'ai bien noté la réalité des sentiments destructeurs dans des corps aux âmes souillées, morcelées. Bravo.

En conclusion : âmes sensibles s'abstenir, les sujets douloureux ou très adultes sont bien présents. Âmes d'actions : continuez la lecture du livre pour voir les choses évoluer et prendre de l'ampleur, et savourez les petits dialogues et instants de vie entre les personnages, parce que quand ça bouge, ça bouge bien.
Un bon roman dont j'ai hâte de découvrir la suite, parce que oui, il y a une suite (mais vous pouvez vous contenter de ce final, aucun souci)
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Pour trouver le livre : Parfaite agonie sur amazon

Pour trouver l'auteure : Elina Vath sur Instagram
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Un pôtit café : au lait sans sucre pour driller sur kofi

FIN DE LA CHRONIQUE par votre dévouée,


DK.