Horror Stories

La vengeance d'Axel Salsal

auteur : Axel

publiée le 2021-03-05 17:15:24

HUMOUR, VENGEANCE, CINGLÉ


LA VENGEANCE D’AXEL SALSAL, par Axel Rassalle
(suite de la nouvelle : « Lecteur jusqu’à la mort »,
De Driller_killer)

Il était grave vénèr, chargé à fond les ballons, prêt à tout péter pour y arriver. Cela faisait un an qu’il espérait ce moment, et il était sur le point d’y parvenir. Axel Salsal allait pouvoir se venger. Et avec lui, fallait pas rigoler ! C’était un vrai dingue. Le Clint Eastwood de la cité des séquoias, le Bourbon Kid du bloc D ! Un real Killer !

Oui, il y a un an, jour pour jour. Il attendait la réception de ce livre tant désiré : le fameux best-seller, le recueil de nouvelles « Histoires folles et horrifiques ». Quand il avait lu le SMS du livreur pour lui dire qu’il avait déposé le bouquin, Axel Salsal s’était précipité dehors si vite qu’il en avait oublié ses clés. Celle de la boite aux lettres, mais également de son appartement. Il était alors devenu complètement fou ! Avait ameuté tout le quartier, s’était fait insulté, mis le souk devant l’immeuble et avait passé toute la nuit dans la rue, par un petit moins dix degrés, les charentaises dans la neige. Il avait été expulsé de la copropriété, fait un séjour à l’hôpital psychiatrique sur Shutter Island pour ensuite bénéficier d’un peu de vacances à la prison de Shawshank après avoir molesté le président du syndic. Il l’avait bien mérité, il lui avait piqué le bouquin. Mais du coup, Axel n’avait toujours pas eu la chance de tenir entre ses mains le fameux Graal et d'en lire ses pages.

Mais voilà qu’il était donc sur le point de parvenir à ses fins. Et de quelles manières ! Il se trouvait ni plus ni moins devant la maison de cette auteure, Adeline G. Une belle baraque en fait. Son bouquin avait dû lui rapporter un beau petit paquet de fric ! Le portail était atypique : tout en fer forgé, des araignées et des chauves-souris ornaient ce qui ressemblait aux entrées des enfers ! Pour qui se prenait-elle ? Elvira, la princesse des ténèbres ? Il allait lui montrer qui LUI il était !

Il s’avança prudemment. Il caillait dur et la neige crissait sous pieds aujourd’hui chaussés de grosses bottines. De la lumière se dégageait d’une baie vitrée située en face de lui. Un fond de musique rock arrivait jusqu’à ses oreilles. Il crut deviner la voix de Tom Araya, mais il n’en était pas sûr. Il se cacha derrière ce qui aurait pu être un nain de jardin chez une personne normale, mais la statuette représentait une chimère d’au moins un mètre de haut ! Cheloue, la meuf…
Axel remarqua deux autres individus avec la femme. Cette dernière était maquillée à la Alice Cooper, alors que ses deux guests ressemblaient étrangement à Jason Voorhees et Freddy Krueger. Bon, il était clair qu’il avait affaire à un groupe de chtarbés complets, et Axel se demanda s’il avait choisi la meilleure soirée pour sa vengeance…

Il fit le tour de la maison et passa l’angle. Il faisait un vrai froid de canard et il sentait le bout de ses doigts se transformer en Mister Freeze malgré les gants. Il aperçut une porte de garage en bois, classique celle-là, et une chatière. L’homme réfléchit un instant – les grandes manœuvres – et jugea qu’il pouvait rentrer par là. Axel était de corpulence moyenne, peut-être un peu plus large au niveau de la taille, mais avait perdu quelques kilos depuis son itinérance forcée de cette dernière année.
Il se mit alors à quatre pattes, et avança la tête la première par l’encadrement. Les épaules passées, les fesses à l’extérieure – les hanches coinçaient légèrement –, une idée terrifiante lui vint tout à coup à l’esprit. Existait-il des chatières pour chiens ? Une si grande maison, sûrement des bijoux à l’intérieur, une fortune colossale ramassée en vendant des livres d’horreur… Ne serait-ce pas plus logique d’avoir un Beauceron ou un Rottweiler plutôt qu’un tout petit chat tout mignon ? D’ailleurs, cette chatière paraissait bien large pour un minou…

Tout à coup, il entendit du bruit derrière lui, et son sang ne fit qu’un tour. Son palpitant se mit à danser la salsa contre sa cage thoracique et de grosses gouttes de transpiration apparurent sur son front. Il ne voulait pas que ses fesses ressemblent au dernier steak haché infâme qu’il avait mangé il y a de cela un mois au McDo pour un euro. Et les sons étranges s’approchaient… Il se dépêcha, mais ses mains tremblaient. Ses pieds grattaient les graviers sans résultat.
Puis, par magie, sa bedaine passa la chatière et Axel se retrouva à l’intérieur. Il déplaça un bidon de désherbant, un parpaing, et un tricycle en travers de l’entrée. Un "Bong !" secoua toute la porte du garage, et il pensa alors que l’animal pouvait avoir la taille de… la chimère qu’il y avait dans le jardin ? Non, non. Moitié lion, moitié chèvre, avec une queue de serpent… Il n’était pas dans un livre de Lovecraft, mais dans la vie réelle.

L’homme se retourna et contempla l’endroit. Un vrai foutoir ! Mais un nouveau son, comme une plainte, lui parvint. Il contourna la pile de cartons qui imitait à la perfection la tour de Pise, et n’en crut pas ses yeux. Au mur du fond, deux personnes étaient attachées par de grosses chaînes. Un homme et une femme. Elles gisaient sur le sol, les pieds et mains entravés par d’énormes bracelets d’acier. De larges foulards à têtes de mort les bâillonnaient. Quand les deux victimes virent Axel, elles se mirent à gesticuler dans tous les sens comme deux anguilles sorties de l’eau. Axel s’approcha timidement, ne comprenant pas bien la situation. Il s’agenouilla devant la femme qui avait l’air apeurée, et lui enleva le bâillon.

« Chut, murmura Axel, ne faites pas de bruit. »

La jeune femme reprit sa respiration et parut soulagée.

« Que se passe-t-il ici ? demanda-t-il.
— Mon mari et moi avons été kidnappés. Par… par cette folle ! Elle est cinglée ! Complètement !
— Moins fort, je vous ai dit. »

Elle paraissait choquée, et prête à péter un plomb. L’homme à ses côtés, avait l’air d’acquiescer ses dires.

« Nous avons gagné un concours sur Twitter le mois dernier, reprit-elle. Nous devions passer la soirée avec elle et dédicacer son livre. Mais ses deux amis nous ont sautés dessus. Et nous ont attachés ! Ils sont marteaux ! Détachez-nous, s’il vous plait. »

Axel parut réfléchir… Et prit la rapide décision de les laisser là. Non sans se débattre, le foulard fut remis sur la bouche de la jeune femme. L’homme à côté se démena comme un beau diable et les chaînes tintèrent gaiement.

« Je reviendrai », les laissa espérer Axel, uniquement pour avoir du calme. Mais il avait une seule mission. Et il ne devait dévier de sa ligne de conduite.
Il fit un tour complet du garage, qui était aussi grand que son ancienne cellule. Il avança vers l’établi. Prit un marteau de charpentier et le contempla. Les extrémités étaient contendantes à souhait. Mais son regard fut attiré par autre chose. Il attrapa sur une étagère une batte de baseball en bois. Ça avait l’air bien mieux. Oui. Bien en main… Il fit un ou deux moulinets avec, mais la reposa. Finalement, il se baissa pour soulever une tronçonneuse. Parfait ! Oh yeah ! Malgré tout, son choix se porta sur une boite cachée entre deux caisses. Un détail avait attiré son attention. Il fit deux pas en avant et enleva le couvercle. Il saisit des deux mains un magnifique katana, splendide sabre japonais.
Je vais m’la jouer Kill Bill pour Kill the Drill ce soir ! pensa-t-il. Et cela lui rendit le sourire.

La présence de Jason et Freddy était tout de même un problème, la supériorité numérique l’inquiétait. Il eut alors la bonne idée de laisser le temps au temps. Il trouva une cachette dans cette immense maison, avec son katana pour seul ami. Et attendit un moment plus propice.

Quelques heures plus tard, le mari et la femme trucidés sur l’autel de la folie, et les deux énergumènes rentrés chez eux – où peu importe leurs destinations – Axel Salsal se dit que l’heure était enfin venue.
La musique était arrêtée, et un calme de lendemain de fête régnait dans la belle villa. Il sortit alors de sa planque, les jambes ankylosées et une forte envie de pisser. Il arrosa un ficus dans le couloir et découvrit une bibliothèque dans l’allée. Il y jeta un œil et vit la très célèbre saga d’Oliver Krauq, deux ou trois bouquins de Simon Perdrix ainsi que le dernier roman de JR Kobencröft. Fallait le reconnaître, elle avait de bons goûts question lecture…

Il continua sur la pointe des pieds. La maison sentait l’encens, et une forte odeur de tacos très épicés lui remplit les narines. Son estomac approuva par un borborygme caverneux. Il poussa une porte devant lui, et il découvrit un lit défait, avec un corps affalé dessus. La Fameuse et Talentueuse écrivaine. Toute de noir vêtue, hormis un kilt écossais très affriolant. Mais l’épilation de ses jambes lui fit penser au film Hellraiser. Une moue de dégoût défigura le visage de l’homme. Il la bouscula sans aucun ménagement et elle se retourna. Elle avait les cheveux collés sur la joue, son maquillage avait coulé et elle ressemblait dorénavant à un tableau de Picasso laissé toute une vie sous la pluie. Elle ouvrit un œil crotté et sursauta sur le matelas.

« Mais, putain ! Qu’est-ce que… ? Qui est-ce qui… ?
— Tais-toi, tu veux ? » Axel brandit le katana. « Descends de là ! »

Elle obéit sans rien dire. Et elle avait bien raison.

« Tu sais pas qui j’suis ? demanda Axel. Alors je vais vite te raconter. »

Deux minutes suffirent à cela…
Adeline était à genoux, telle une pénitente, implorant le pardon divin. Axel se tenait devant elle, son arme prête.

« Demande-moi quelque chose, peu importe. Je le ferai ! » implora-t-elle pour gagner quelques secondes.
Axel réfléchit un instant : « Tu as de la mortadelle à la pistache ici ? »
La femme sembla surprise, mais la chance était avec elle : « Oui ! J’en ai ! Sans déc ! » Elle avait l’air trop contente.
« J’déteste la mortadelle à la pistache ! » Il leva le bras au-dessus de sa tête, et fit tomber les ténèbres sur l’auteure.


« J’peux sortir, s’il vous plait ? »
Axel était sur le canapé, un sandwich au bacon et au fromage dans une assiette, le recueil de nouvelles entre les mains.
« J’peux sortir du frigo ? Sérieux, il caille !
— Pas tant qu’j’ai pas fini, répondit Axel. Tu comprendras p’t’être… »
Et il tourna une page de plus.

FIN (peut-être…)


Driller_killer
2021-03-05 17:17:11

Putain de putain d'excellent ! xDDD